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Edito

Chroniques Du fantasme de la prostitution #1

Du fantasme de la prostitution #1

« Beaucoup de femmes ont le fantasme de la prostitution. » M. Ozon

La majorité des femmes ont envie de se prostituer. Toutes les femmes veulent se prostituer. Toutes les femmes sont des putes.

Depuis une semaine, j’observe, ébahie, les dérapages des médias et des réseaux sociaux après l’interview de François Ozon au festival de Cannes (source en vo ici ). « Aucune pute ne prend plaisir à son travail ! », « Allez dire ça aux filles de l’est kidnappées ! »… Féministes outragées, diatribes abolitionnistes, croisades pour les victimes d’esclavage sexuel, de viol, je suis effectivement choquée: les gens ne savent même plus ce qu’est un fantasme.

« Je considère que le public est intelligent. » M. Ozon

Le domaine de la sexualité est celui où les discours intellectuels ou politiques dérapent dans la plus grande absurdité : la logique se propulse sur des postulats erronés, s’agrippe à des sophismes… l’angle mort de la raison. Il me parait fort déraisonnable de vouloir « contrôler » (réprimer) et « moraliser » (juger et culpabiliser) une pulsion, un inconscient, une chimie… Apprendre à différencier la pulsion, le désir, l’envie, la volonté, le choix et le passage à l’acte, voilà ce qui libère et donne le contrôle. Entretenir la peur n’a jamais libéré personne.
Mais je suis ici pour vous parler de fantasmes, au sens commun et léger du terme : les jeux et les fantaisies sexuelles qu’on peut construire à partir de ce si précieux inconscient.

« La prostitution est un fantasme pour beaucoup de femmes. Cela ne veut pas dire qu’elles le font. » M. Ozon

Le fantasme est d’abord celui de la psychanalyse, un scénario imaginaire qui n’est pas destiné à être réalisé, un conte pornographique murmuré par l’inconscient qui se suffit à lui même… En vérité, si j’avais un « vrai » fantasme, élaboré et obsessionnel, au lieu de ces images flashs qui caressent ou fouettent mon esprit, je me garderais bien de le réaliser. Parce que la réalité ne pourrait être à la hauteur de mon rêve, et que le passage à l’acte désamorce la puissance des forces inconscientes. Je le conserverais précieusement dans le secret de mes pensées intimes, pour en jouir à l’envie.

C’est pourquoi je réponds à longueur d’interviews que je n’ai pas de fantasme, juste des « envies subites », des fantaisies, une sexualité très libre et très créative… Parce que je passe à l’acte -en toute sécurité et dans le respect, par des jeux de rôles entre adultes consentants- et que je n’imagine aucune situation impossible, et surtout aucun tabou que je ne pourrais affronter en le désamorçant. (Try me.)
Cet univers construit par le subconscient, en dehors de tout contrôle, nourri des pulsions, des totems et tabous, de l’inconscient collectif et des réactions de la personnalité de l’individu aux injonctions sociales et culturelles, euh bref, pardon… les fantasmes, au sens commun… Ce chaos mouvant et informe, donc, je le transforme bien trop vite pour avoir le temps d’y songer et de fabriquer des scénarios à l’avance. (Trop compliqué pour un bélier ?)

D’accord. A force qu’on me pose cette question encore et encore, j’ai fini par trouver un fantasme grâce à Punish Yourself : faire l’amour en apesanteur. J’ai beau faire la maline, je sais que la NASA, c’est mort pour moi, et puis l’apesanteur, ça fait vomir tripes et boyaux, sans entrainement, et puis de toute façon je déteste déjà les quelques secondes d’apesanteur de Tower of Terror et tous les trucs où on a la tête en bas.

« Je pense que les hommes ont peur, quelque chose comme : « Oh mon dieu ! Il y a tout ça dans la tête d’une femme ? » Elle est très puissante ». M. Ozon

Par contre, j’ai baisé sur une pierre tombale avec mon amoureux batcave, avec un inconnu dans des toilettes, avec des blondes, des brunes, des rousses, des vertes, j’ai participé à des orgies romaines ou mystiques, je me suis mélangée avec des pds même pas bi, j’ai copulé avec un prêtre en robe de mariée, avec un loup-garou, j’ai dépucelé moult innocents jouvenceaux, j’ai fait l’amour dans l’océan, dans une tente sous la tempête, sur un yacht, dans un lit à baldaquin en crinoline, perdue au cœur de la nuit et d’une forêt hostile, j’ai été sodomisée dans la boue, j’ai plaqué la lame d’un couteau contre la gorge et le pénis de ma proie, j’ai été pourchassée dans une casse, enchainée, exorcisée, violée, et j’ai aussi violé, attaché, fouetté et même torturé…

Tout ça (and many more) sans que personne ne soit blessé, physiquement, mentalement ou émotionnellement. Alors, ce que vous pouvez vous raconter dans votre tête, ça ne me choque pas et ça ne me fait pas peur une seconde.
La peur et le désir sont justement aussi liés que les deux faces d’une pièce – est-il si étonnant que les fantasmes les plus puissants soient inavouables, et qu’on y retrouve le plus tabou –comme la prostitution- ou le plus terrifiant –comme le viol ? On y retrouve aussi des désirs détachés de la peur, mais toujours totalement absents de la « vraie vie » : mon amie lesbienne qui ne regarde que du porno hétéro n’est certainement pas, comme le lui reprochent certaines de ses amies, une hétéro refoulée… Même si on identifie de grands archétypes de fantasmes, les ressorts de l’inconscient et les mécanismes individuels sont si multiples qu’on ne peut juger de rien.

Vous n’êtes pas esclave de vos désirs, avoir un fantasme ne vous prive pas de votre libre arbitre.
Personne n’a le droit de juger votre inconscient, ni de vous obliger à assumer votre imaginaire dans la réalité. Même pas vous-même.

Vous êtes libres de vos fantasmes. Et de ce que vous en faites. En jouir seule ou les partager, les analyser, utiliser des flashs aphrodisiaques, les lire ou les visionner en porno, les écrire, les retourner, les réaliser en jeux de rôles… La sexualité est alchimique, et transforme le plomb en or.

Les plus perspicaces d’entre vous se doutent que dans la liste (non exhaustive) de mes « fantasmes réalisés », certains l’ont été grâce au porno. (Par exemple, moi en robe de mariée IRL : pas crédible.)
Il faut bien sûr y ajouter celui de la prostitution. Mon premier rôle de prostituée était celui d’une pute qui devient princesse alors que la princesse devient pute. Je me sentais déjà assez princesse (nous le sommes toutes) pour oser être une pute dans le porno. Et je suis devenue une reine des putains en recevant le Hot d’Or de la meilleure actrice européenne pour ce film : « La Princesse et la Pute ».
Et vous savez quoi ? A la fin du film, deux volumes, 16 scènes et 160 minutes… (SPOILER) tout ça n’était qu’un rêve.

A SUIVRE…Du fantasme de la prostitution #2 : putain…

2 reponses

  1. Alicia 06 juin 2013 at 16:02

    article parfait!
    J’avais osé défendre ce monsieur sur twitter et vlatipa que les féministes me sont tombées sur le dos, jugeant que je pronais la misogynie…
    En effet elles ont oublié ce qu’était un fantasme!

    Répondre
    • Coralie 07 juin 2013 at 05:20

      Merci Alicia – la suite plus spécifiquement sur le fantasme de la prostitution sera en ligne très bientôt, mais ces préliminaires me semblaient indispensables ^^

      Répondre

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