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Edito

Chroniques Du fantasme de la prostitution #3

Du fantasme de la prostitution #3

Du Fantasme de la prostitution #3 : Travaux pratiques

Je disais donc, dans l’épisode précédent : « on peut toujours faire quelque chose de ce qu’on a fait de nous ». Vous brûlez d’impatience, mais pas de travaux pratiques sans règles de sécurité : réaliser un fantasme, c’est le transformer en jeu de rôles entre adultes consentants, dans la confiance (en soi et en l’autre) et le respect (de soi et de l’autre).
Maintenant, promenons nous gaiement dans la toile écarlate du fantasme de la prostitution, pour défier la gravité et jouer avec le poids de notre héritage culturel, tout ça.

Le poids du jugement social : « Intellectuel, apprends à mourir ! »
Jodorowsky

Il est établi, à l’unanimité et par la démesure de l’indignation générale, que « prostituée » est une insulte gravissime, et qu’exercer ce métier annihile toute dignité humaine. Le STRASS appréciera – mais je me limiterai au constat sans débattre de son bien-fondé. Se prostituer, c’est maaaal.
Mmmmm… la transgression de l’interdit. So punk. Etre une paria de la société, défier l’ordre et la morale, affronter un tabou : je dois vraiment expliquer ce que ça a d’excitant ? Jouez à être une très, très mauvaise fille, le genre qui porte un string panthère et crache par terre en buvant de la bière. Ca vous changera de la princesse endormie, juré.

Le poids de la loi du marché : ceci est mon corps

La marchandisation de votre corps est un concept contre lequel tout votre être se révolte. « Il y a des choses qui ne s’achètent pas. » Je suis d’accord : toutes les choses que leur propriétaire légitime ne veut pas vendre. La liste est variable selon les individus, l’humeur et les circonstances.
Bien sur, on ne vend pas vraiment son corps, c’est une façon de parler. Le client n’emporte jamais aucun de vos organes ou membres. (Si vous êtes douée, vous pouvez au mieux lui vendre petite culotte ou bas résille, en souvenir.) Mais ne discutons pas.
Mmmmm… vendre son corps. Je me suis sentie si précieuse, lorsque j’ai été offerte comme cadeau d’anniversaire à un richissime inconnu, dans un palace parisien. J’aurais adoré jaillir d’un gâteau, nue, ficelée dans un gros ruban rouge. Sous une pluie de dollars.
Votre corps est précieux, votre corps vous appartient, vous êtes une déesse de l’amour, vos caresses n’ont pas de prix, mais vous consentez à lui en donner un.

Le poids du judéo-christianisme : un flot de culpabilité

Tout le monde sait qu’on a transformé la Déesse Mère en Prostituée de Babylone, ou la disciple Marie Madeleine en pécheresse repentie. Si on refuse le rôle de la maman (c’est pas toujours bien, surtout sexuellement), on est la putain (et c’est maaal) : point de salut.
Mmmmm…. La culpabilité de ressentir ces pulsions animales. Jouez à le faire pour de l’argent pour vous libérer de la culpabilité du passage à l’acte, et oublier que vous n’êtes pas supposée aimer le sexe, que vous avez peur de perdre votre dignité ou le respect de votre partenaire. Votre motivation n’est plus votre perversité ou votre indignité, mais le besoin d’argent, rationnel et justifiable. Prévoyez une liasse de petites coupures. Négociez chaque prestation si besoin, pour ne plus vous demander si la levrette ou l’éjac faciale sont des atteintes à la dignité de la femme. Rangez juste les billets au fur et à mesure dans votre guêpière rouge de putain écarlate et vivez l’instant.

Le poids de l’imaginaire collectif : la victime consentante

Cet imaginaire regorge d’images d’esclavage sexuel : de la traite des blanches de mon enfance aux filles de l’est contemporaines. L’image de la prostituée est connectée à la peur du viol : le consentement vénal ne peut être librement consenti, puisqu’il s’agit de sexe, et on est forcément victime de quelque chose ou quelqu’un à l’insu de son plein gré. Ne discutons pas cette logique implacable. Vous pouvez explorer gaiement vos fantasmes de prisonnière, d’enlèvement, de soumission, ou pire.
Mmmmm… Exciter son cerveau limbique à grands coup de peurs primordiales et brûler d’adrénaline facile. Jouez à être une pauvre créature impuissante livrée à la brutalité d’une brute si brutale qu’elle n’a aucune considération pour vos limites émotionnelles (insultes, fessée, crachats) ou physiques (ça ne rentrera jamais en entier / à cet endroit).
Bien sur, comme pour tous les jeux BDSM, un mot de sécurité est indispensable pour interrompre l’action : « temps écoulé » peut convenir ici.

Master Class : prenez le problème à l’envers.

On condamne le fantasme de la prostitution avec celui du viol, parce qu’ils seraient des « rapports soumis au seul désir de l’homme ». C’est vrai. C’est un fantasme de société patriarcale, mais les femmes sont actrices de cette société autant que les hommes.
De la même manière, le fantasme du prince charmant nous imprègne tous, mais incline davantage le mâle à investir dans un cheval blanc et une armure brillante que dans une robe rose à crinoline. Le mâle est aussi enfermé dans le rôle de héros conquérant que vous dans celui de gourde endormie. C’est évident : le fantasme se nourrit du désir de l’autre (ou de ce qu’on en imagine) mais nourrit aussi celui de l’autre, en distribuant des rôles complémentaires.
Si ça vous plait, parfait. Sinon, osez tout retourner. Payez. Assumez le rôle du sujet désirant pour que l’homme puisse s’abandonner à celui d’objet désiré.

Etre un objet de désir, c’est être désiré : nous voulons toutes et tous être désirés (quand ce n’est pas sexuel, on appelle même ça de l’amour ou de l’amitié). Peut être qu’il ne le sait pas encore. Peut être que de voir l’effet que ça lui fait vous aidera à profiter du plaisir d’être objet sans retenue, une autre fois.

N’hésitez pas à en faire votre jouet sexuel, et à utiliser son corps comme l’instrument de plaisir qu’il est. Vous pourriez être surprise de ce que vous avez envie de lui faire.

Ou au contraire, mettez-le à votre service. Réclamez ce que vous voulez : beaucoup d’hommes seront ravis de savoir enfin ce qu’ils sont supposés faire. Des siècles qu’ils doivent porter la responsabilité de notre plaisir sexuel, alors que nous même on n’y comprend rien. Vous pourriez être surprise de ce que vous aurez envie qu’il vous fasse.

Si vous êtes satisfaite de ses services, n’hésitez pas à le récompenser en ajoutant un pourboire.

Et vous, avez vous des fantasmes de prostitution ?

2 reponses

  1. Luvidocq 23 décembre 2013 at 02:01

    Brao! j’apprécie l’audace de la note, et sa vérité!
    Bises!
    Signé: un admirateur toujours perplexe et encore un peu coincé, hélàs!

    Répondre
  2. Luvidocq 23 décembre 2013 at 02:02

    Je voulais dire « bravo »! =/

    Répondre

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