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Edito

Par Camille Emmanuelle

Bloggeuse, journaliste et auteur. Culture érotique, culture porn, sexualités, féminismes et genre. Ma plume est une putain, ma vie est une sainte.

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Chroniques Auto-porno : Ode aux jarretelles

Auto-porno : Ode aux jarretelles

Auto-porno

Camille Emmanuelle est auteur de Paris-couche-toi-là (approuvé par Dorcelle), et journaliste, sur la culture érotique, la culture porn, les sexualités, et le genre, notamment pour le Plus-Nouvel Obs. Un « hater » sur Twitter l’a récemment traitée de « journalope », elle a adopté depuis ce joli néologisme. Chaque mois, pour Dorcelle, elle va nous parler de l’auto-érotisme. Quels sont les films, les objets, les choses, les expériences, qui font qu’en tant que femme on se sent sexuelle, sensuelle, vivante, et forte. Si ça excite son partenaire, c’est tant mieux, mais c’est un effet collatéral…

Ode aux jarretelles

«  Les bas, frêles et translucides, moulent les jambes fines, étreignent les cuisses comme des amoureux indiscrets, pour se perdre dans le secret des jupes, brisés dans leur souple étreinte par l’éclat des jarretières d’or… »

Cette jolie phrase n’est pas issue d’un recueil de poésie… mais d’un catalogue de lingerie ! Un catalogue de vente par correspondance, des années 40, intitulé Pantalons de femmes -à cette époque le « pantalon » désigne les culottes- vendu 6 francs (pas cher !) Les photos, sublimes, de femmes aux belles rondeurs, nous donnent envie d’acquérir un simple « pantalon » fait de linon blanc et de dentelle Valenciennes, mais aussi de craquer pour le plus audacieux maillot « lesbos » en « tulle élastique noir, avec bas de jambes satin noir et chine rouge ».

Mais nous sommes en 2014, et les catalogues de lingerie actuels sont moins poétiques, et mettent en scène des femmes plus rachitiques. Cependant, je dis « halte » (oui oui, « halte») à la nostalgie. Car hourra, aujourd’hui, nous avons le choix de porter toute une diversité de lingerie, au gré de nos envies. Vous êtes déjà allées dans un rayon lingerie pour homme ? Ils ont le choix entre des caleçons, des boxers et des slips. Souvent gris, noirs, ou blancs. Super… Alors que nous, nous pouvons nous amuser à changer de style de sous-vêtements comme de chaussettes.

Parmi tous ces apparats, il y en a un que je défends ardemment : les jarretelles. J’en porte depuis que j’ai 18 ans. A l’époque, je me souviens des réactions de mes amies ou de mes partenaires quand je révélais que sous mes jupes, j’avais des bas, non pas ceux qui tiennent tous seuls, mais ceux qui tiennent avec des attaches : « mais c’est un truc un peu de pute, non ? », « ça fait pas un peu bourgeoise qui veut émoustiller son mari ? », « tu fais ça pour être sexy ? » Face à ces commentaires, j’ai développé un argumentaire, ou plutôt une ode aux jarretelles, que j’ai développée dans Paris Couche-Toi-Là. Mettre un porte-jarretelle et des bas, pour moi, ce n’est pas  « réveiller la libido de chouchou le samedi soir », comme pourrait nous le faire croire certains magazines féminins. Quel sectarisme ! La jolie lingerie n’est pas là pour exciter une fois par mois le ou la partenaire en manque de libido. C’est un geste d’auto-érotisme, un geste électrisant. Le matin, on prend le temps de glisser ses bas, d’attacher, un à un, les clips. Il y en a souvent quatre, mais ça peut aller jusqu’à six (prévoir à ce moment là de mettre son réveil dix minutes plus tôt…) C’est ensuite marcher dans la rue, en sentant les bras crisser à chaque pas, et en sentant l’air caresser le haut de ses cuisses. C’est se sentir ancrée dans le sol, avec deux jambes indépendantes. La sensation est très différente de celle que l’on ressent avec des collants, où le bas du corps forme un « tout », empaqueté dans du tissu. Le soir, on peut éventuellement dévoiler innocemment, à son amant(e), lorsque l’on s’assoit, le petit morceau de peau blanche qui contraste avec le noir du bas. Ou bien on vit simplement un petit cérémonial intime, à décrocher chaque attache et à faire tomber au sol ses bas. La créatrice Fifi Chachnil, dans une interview , parle avec justesse de cet aspect « structurant » de la lingerie : «  c’est l’architecture du corps. Elle est là pour dessiner la silhouette. C’est un soutien physique et psychologique. » Bien sûr, il est préférable lorsque l’on porte cette lingerie de revêtir des robes ou des jupes qui vont jusqu’aux genoux. Sinon on passe la journée à se demander, en s’asseyant ou en grimpant des marches, si on voit nos jarretelles ou pas. Ce qui est contre-productif avec l’idée que la lingerie peut donner de l’assurance.

Si j’ai commencé à 18 ans à porter des jarretelles, c’est que j’étais, à l’époque… comment dire… plus « voluptueuse » qu’aujourd’hui. Les jeans slims, ce n’était pas pour moi, et les collants, c’était bien, mais en les portant je me sentais souvent boudinée. Les portes jarretelles, eux, structuraient mes hanches, ma silhouette, et les bas galbaient mes jambes, sans les comprimer.  Par ailleurs, j’ai été un peu traumat, petite, par les collants en laine, que je devais porter l’hiver, qui finissaient toujours par glisser au niveau de l’entrejambe, et qui m’empêchaient dans mes mouvements. Comment je pouvais courir comme les garçons si j’avais des collants qui glissaient sans arrêt ? Aujourd’hui j’ai minci (RIP le Nutella), et je ne cours plus vraiment dans la rue, mais les jarretelles, paradoxalement, me semblent moins contraignantes, et me font sentir plus puissante, que les collants.

Fifi Chachnil, Cervin, Agent Provocateur, Bordelle, Maison Close : de jolies marques proposent des modèles simples ou sophistiqués, colorés ou pas, et adaptés à toutes les morphologies.  A porter en chantonnant la chanson de Jane Birkin : « Les dessous chics, c´est une jarretelle qui claque dans la tête comme une paire de claques ».

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