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Edito

Par Camille Emmanuelle

Bloggeuse, journaliste et auteur. Culture érotique, culture porn, sexualités, féminismes et genre. Ma plume est une putain, ma vie est une sainte.

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Chroniques Auto-porno: Threesome de courts, à Berlin

Auto-porno: Threesome de courts, à Berlin

Auto-porno

Camille Emmanuelle est auteur de Paris-couche-toi-là (approuvé par Dorcelle), et journaliste, sur la culture érotique, la culture porn, les sexualités, et le genre, notamment pour le Plus-Nouvel Obs. Un « hater » sur Twitter l’a récemment traitée de « journalope », elle a adopté depuis ce joli néologisme. Chaque mois, pour Dorcelle, elle va nous parler de l’auto-érotisme. Quels sont les films, les objets, les choses, les expériences, qui font qu’en tant que femme on se sent sexuelle, sensuelle, vivante, et forte. Si ça excite son partenaire, c’est tant mieux, mais c’est un effet collatéral…

Threesome de courts, à Berlin

Le Porn Film Festival, à Berlin, est une « institution » du porno alternatif, queer, et féministe. Ça tombe bien, c’est –en partie- ce que j’aime dans le porno. Il n’y a pas de gué-guerre porno mainstream vs porno féministe. L’un influence l’autre, il s’agit simplement d’être curieux des deux. Parfois on aime se faire un gastro avec entrée-plat-dessert, parfois on préfère manger une soupe bio avec du boulgour au petit resto végétarien d’en bas. Bref, je vais arrêter là la métaphore culinaire. Voici trois courts métrages visionnés au festival qui m’ont plu, qui m’ont excités, et qui ont nourri mes fantasmes. Trois films que j’ai vu dans une salle obscure, entourée de cent personnes, mais que j’aurais préféré visionner seule dans ma chambre, sur mon lit.

Petra Joy réalise et produit des films pornos féministes depuis 10 ans. Des films non scénarisés –elle laisse ses acteurs faire ce qu’ils veulent – mais pas non plus amateurs. Il y a, derrière, un savoir-faire de réalisatrice. Dans sa dernière série de courts, (S)he comes, un film, Lust, se passe dans un love shop, tard la nuit. Un couple rentre, commence à s’amuser, à se chauffer, à essayer des choses. L’homme sort de la cabine avec des grandes bottes de femmes en latex rouge et déambule, sous le regard amusé et excité de son amie, jeune femme au look androgyne, mais aussi de la vendeuse, jolie brune habillée de façon classique. Le couple commence à faire l’amour. Pas de pénétration, mais un merveilleux cunnilingus, et, en face, la vendeuse qui se caresse. Puis le threesome commence lorsque la vendeuse commence à masturber et à faire jouir la jeune garçonne. C’est cul, c‘est beau, c’est excitant. Petra Joy ne dit pas à ses acteurs et à ses actrices que faire, et ça se voit. Ils s’amusent et ils baisent joyeusement, et je ressens leur joie et leur excitation. Une des femmes, avec sa main habillée d’un gant de latex, pénètre l’homme, allongé sur une grande table. Plus tard ce sont les deux femmes qui sont allongées, jambes entrouvertes. Il positionne la plus petite sur l’autre. Là je me dis : il va les prendre, « alternativement » si j’ose m’exprimer ainsi. Mais non. Il s’agenouille et les lèche, avec gourmandise. On ne voit pas la jouissance masculine, mais les trois individus se retrouvent, à la fin, haletants et enlacés. Je sens que je vais me sentir toute chose, la prochaine fois que je rentre dans un loveshop, moi.

(S)he Comes by Petra Joy – Soft Trailer Version from Petra Joy on Vimeo.

Alice Inside est un court métrage de la jeune réalisatrice Lucie Blush. Celle-ci a été formée à bonne école : elle a travaillé quelques temps avec Erika Lust. Le personnage qu’elle a mise en scène, Alice, est une jeune femme, rousse, cheveux courts, avec de jolies rondeurs et de beaux tatouages. En voix off, elle raconte qu’il y a un mec, dans son lit, mais qu’elle devrait le virer, qu’elle s’en fiche, que c’est juste un « one night stand ». Mais quand cet homme s’approche d’elle, nu, debout, et commence à la caresser, derrière elle, son discours change petit à petit. Il y a du désir, un désir fou. Elle aime quand il la prend, la lèche, la baise. Sur cette voix off, on regarde les images de ce couple qui fait l’amour avec passion, et pourtant sans amour. Une vraie baise amoureuse. Sur le décolleté de Lucie, on voit les rougeurs apparaître, lui transpire. Une fois sur le lit, on sent qu’ils veulent que ce moment dure longtemps. Et moi aussi. Lucie lance quelques regards à la caméra, un regard sincère et complice. Je n’ai pas les mêmes tatouages qu’elle, mais je suis un peu cette Lucie qui jouit.

Shutter est une série de court-métrages lesbiens réalisée par une jeune berlinoise, Goodyn Green. L’inverse du porno hétéro qui met en scène quelques minutes de « faux lesbianisme » histoire d’attirer le « mâââââle ». Petite parenthèse, mais dans certains de ces films, il y a un détail qui m’a toujours choqué : les filles -lesbiennes d’un jour- ont de grand faux ongles. Question : comment on peut avoir une sexualité dans laquelle on pénètre –souvent- l’autre avec ses doigts, quand on a des griffes comme ça ? Ce n’est physiologiquement PAS POSSIBLE. Fin de la parenthèse. Le premier film de Shutter se passe dans la forêt. Deux jeunes femmes, en jean, chemises à carreaux, blousons en cuir et cheveux courts, se retrouvent et s’embrassent, contre un tronc d’arbre. Les mains se font baladeuses, les souffles de plus en plus courts. La caméra caressante, sur ce couple, est du Bilitis d’Hamilton, sans excès de flou. Le désir monte. Je devine un tatouage sur le ventre d’une des filles, qui dit: « Pretty damn fucking feminine », je suis jalouse. Elles se caressent, se pénètrent, s’embrassent sans arrêt. La caméra a disparu, je ne suis qu’une voyeuse qui me baladait dans une forêt près de Berlin et qui est tombée sur ces deux femmes, en rendez-vous caché. Je les laisse, elles ont l’air bien.

Shutter Trailer from Goodyn Green on Vimeo.

Après une dizaine d’autres films visionnés pendant le festival, je reviens à Paris avec des images, des discussions, des rencontres formidables. Je défends dans mon livre Paris couche-toi-là l’idée que « l’herbe n’est pas plus verte, ni plus érotique, ailleurs ». Il n’empêche, les pelouses de Berlin sont un joli territoire de jeu sexuel et fantasmatique.

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