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Edito

Par Camille Emmanuelle

Bloggeuse, journaliste et auteur. Culture érotique, culture porn, sexualités, féminismes et genre. Ma plume est une putain, ma vie est une sainte.

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Actus Le Kamâ-Sûtra : plus que des galipettes

Le Kamâ-Sûtra : plus que des galipettes

Auto-porno

Camille Emmanuelle est auteur de Paris-couche-toi-là (approuvé par Dorcelle), et journaliste, sur la culture érotique, la culture porn, les sexualités, et le genre, notamment pour le Plus-Nouvel Obs et les Inrocks. Un « hater » sur Twitter l’a récemment traitée de « journalope », elle a adopté depuis ce joli néologisme. Chaque mois, pour Dorcelle, elle va nous parler de l’auto-érotisme. Quels sont les films, les objets, les choses, les expériences, qui font qu’en tant que femme on se sent sexuelle, sensuelle, vivante, et forte. Si ça excite son ou sa partenaire, c’est tant mieux, mais c’est un effet collatéral…

Le Kamâ-Sûtra : plus que des galipettes

Comment savoir si vous êtes un(e) vrai(e) parisien(-ne) ? Vous repérez une super exposition que vous voulez aller voir ; vous n’y allez pas quand celle-ci commence, car vous ne voulez pas faire la queue pendant deux heures ; puis vous réalisez deux mois plus tard qu’il ne reste plus que trois jours, pour voir cette expo ; et donc vous y allez et vous faites quand même la queue pendant deux heures… Bravo, vingt-sur-vingt, vive la France.

En tant que journaliste qui écrit sur « la chose », j’aurais dû aller voir et vous parler de l’exposition Le Kâma-Sûtra : spiritualité et érotisme dans l’art indien, à la Pinacothèque de Paris, à son ouverture. Et bien non, j’ai attendu qu’il ne reste plus que quelques jours d’expo. Mea culpa, mea maxima culpa (petits bruits de fouets). A ma décharge, j’ai toujours eu beaucoup de méfiance envers les articles ou les livres traitant du Kamasutra. Les conseils sexos des magazines féminins, du style « La position de la Grenouille, en trois leçons », m’ont toujours paru aussi excitants qu’un compte-rendu de match de foot de Ligue 2 (c’est dire…) Quant aux manuels récapitulant toutes les positions, avec schémas à l’appui, ils me font autant bander que le Code Rousseau de la Route. S’il est nécessaire de connaître ses zones de plaisir, et de découvrir ceux de son (sa) partenaire, pour faire du sexe joyeux et intense, je ne vois pas en quoi faire telle ou telle position acrobatique, et connaître son nom, apporterait plus de jouissance. « Hé chéri(e), t’as vu, on vient de faire le poirier indien, là ! On est trop forts… Gimme five».

Evidemment, je sais que le Kâma-Sûtra, ce n’est pas que cela, je ne suis pas une journalope débutante. Les occidentaux ont réduit le texte à une liste de 64 positions, alors que celles-ci ne représentent qu’un chapitre, au sein d’un des sept livres de l’ouvrage, écrit au IVe siècle de notre ère. La Pinacothèque nous permet de découvrir tout ce qui a été élagué, et qui apparaît pourtant être l’essentiel.

Près de 350 œuvres, sculptures, peintures, miniatures, objets de la vie
 quotidienne, « livres de l’oreiller », ouvrages illustrés que l’on 
offrait aux jeunes mariés jusqu’au XIXe siècle afin de faire 
leur éducation érotique, sont présentées, et sont mises en perspective avec la culture hindou. « Dans le christianisme, Dieu est amour. En Inde, Dieu fait l’amour », rappelle Michel Angot dans son livre L’art érotique hindou. Et ces dieux et déesses, découvre-t-on dans l’exposition, ont non seulement une sexualité, mais ils vivent également une porosité des genres. Les caractères masculins/féminins, loin de se départager de façon nette, sont interchangeables, entre dieux et déesses, certaines divinités allant jusqu’à changer de sexe. Mon Dieu, la « théorie du djeundeur » serait millénaire, en Inde ? Mais que fait LMPTI (La Manif Pour Tous Indienne) ?

Si le Kamâ-Sutrâ regorge de philosophie et de spiritualité, il a également longtemps été utilisé comme manuel d’éducation sexuelle et amoureuse, pour les élites indiennes. L’art de la séduction, l’art des baisers, les querelles amoureuses : tout y est décrit, et, au sein de l’exposition, dessiné ou sculpté.  On est bien sûr dans un schéma du IVe siècle, et si on encourage la jouissance féminine, et la masturbation féminine et masculine, la femme reste socialement soumise à l’homme. De même l’homosexualité ou la bisexualité sont très peu abordées. On est, enfin, dans un sexe très axé sur la pénétration, les seuls «spécialistes des arts oraux » étant « les énuques, les filles de joie, les gouvernantes ou les jeunes esclaves ». Parmi toutes les sculptures, dont une grande partie est issue de la remarquable collection privée de Beroze et Michel
 Sabatier, on découvre un seul couple en 69, pour des centaines d’autres qui font des galipettes bien plus acrobatiques. L’une d’elle représente un homme qui prend une femme qui est en chakrasana, ou posture du pont, l’une de mes positions de yoga préférées. « Je fais ça deux fois par semaine ! » dis-je enthousiaste à mon amoureux, qui m’accompagne. « Ah ouais ? » répond-il, l’œil vif. « Non mais rêve pas, je suis en legging, en t-shirt anti-transpiration, sur un tapis qui sent la chaussette, et je respire hyper fort, un peu comme quand je ronfle, tu vois ? ».

On l’aura compris, l’exposition est intellectuellement très excitante. Pour l’excitation des sens, il s’agit de se faire soi-même son propre manuel, qui change d’un jour à l’autre, d’un fantasme à l’autre. Namasté bitches, et bonne année.

Le Kâma-Sûtra : spiritualité et érotisme dans l’art indien.
Jusqu’au 11 janvier 2015
Pinacothèque, 8, rue Vignon, 75009 Paris
www.pinacotheque.com

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