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Edito

Par Camille Emmanuelle

Bloggeuse, journaliste et auteur. Culture érotique, culture porn, sexualités, féminismes et genre. Ma plume est une putain, ma vie est une sainte.

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Chroniques J’ai testé le massage tantrique

J’ai testé le massage tantrique

De l’Himalaya à la Défense : le massage tantrique Lundi matin, 10h, esplanade de la Défense. A la sortie du métro, des hommes en costard-cravate et des femmes en tailleurs me bousculent. Ils sont au téléphone et parlent de « meetings dans l’aprèm», ou discutent entre eux du « process qui ne va pas assez vite ». Moi, j’ai rendez-vous pour expérimenter, dans le cadre de ce reportage, un massage tantrique. Dure la vie.

Pourtant je ne vais pas à ce rendez-vous sans légère appréhension. Certes je ne vais pas discuter de « brand value », de « wording confusant », ou de « prise de lead », mais les mots « communion des sens », « développement personnel », « énergie universelle », et « tantrisme » me font tout autant flipper. Malgré des années de pratique de yoga, j’ai toujours l’impression, quand quelqu’un utilise ces termes, d’avoir en face de moi un sous Paulo Coehlo, ou bien encore un gourou en herbe. Par ailleurs je me méfie de l’utilisation occidentale du terme « tantrisme ». Le tantrisme est un courant spirituel, vieux de 1500 ans, originaire de la région himalayo-indienne, qui intègre le désir à la spiritualité, par la pratique de rituels et d’exercices yogiques. C’est, comme l’explique l’historien Alexandre Astier dans son essai L’Hindouisme (Ed. Eyrolles), « une vraie démarche religieuse et spirituelle complexe, très rigoureuse et très difficilement accessible ». Les « stages tantriques de deux jours pour atteindre l’orgasme », ou bien les « guides pratiques à la joie du tantrisme » me semblent donc un peu bullshit. Enfin, chat échaudé craint l’eau froide : il y a quelques années, toujours dans le cadre d’un reportage, j’avais testé un massage tantrique à Barcelone. C’était dans un très bel endroit, très « chic-oriental », le massage était super agréable, mais quand la masseuse avait commencé à caresser mon sexe dans l’objectif de me faire jouir, j’avais vite réalisé que c’était plus un service de prostitution haut de gamme qu’une expérience spirituelle.

Pourtant ce lundi matin, à Courbevoie, j’ai bien rendez-vous avec Frédéric, masseur tantrique. Je me suis renseignée sur le bonhomme : il a l’air sérieux, il ne va pas vouloir me masturber comme la barcelonaise, et il a un discours, certes un peu paulo-coehlien, mais tout de même assez pertinent sur la sexualité et le rapport au corps. Il parle de travail sur la confiance en soi, de connexion avec son corps, de connaissance de celui-ci, et il prône l’idée « d’être plutôt que vouloir être et de laisser faire, plutôt que de vouloir faire ». J’adhère.

Quand je sonne à la porte de son cabinet,  Frédéric m’accueille en t-shirt et en caleçon. Je suis un peu surprise. Ce n’est pas comme si on avait élevé les cochons ensemble. Mais il arrive tout de suite à me mettre à l’aise, m’expliquant clairement que je dois me déshabiller entièrement, que ça va être un massage à l’huile chaude (d’où le tatami recouvert de plastique), et que c’est « un massage globalisant au niveau du toucher, mais sans focalisation sur le plaisir sexuel ». C’est très clair. Avant de commencer, il énonce une règle, essentielle selon lui : « si vous ne pouvez pas répondre oui tout de suite à la question « est ce que ce qui se passe me plait », vous me dites j’arrête ». Rassurée et à poil, je m’allonge sur le tatami, entourée de bougies, et de diffuseurs d’arômes.

Mes premières pensées ne sont pas méga spirituelles : « zut, je ne me suis pas épilée les demi-jambes, ça va le piquer quand il va les masser » ; « tiens il faudrait que je me rachète de l’huile Nuxe, pour l’été » ; « …et aussi du dentifrice, y’a plus de dentifrice à l’appart ». Puis quelques minutes plus tard… je pars. Ses massages, ses mouvements, ses pressions, ses effleurements, l’huile chaude : je plonge dans un état de bien être exceptionnel. Pourquoi exceptionnel ? Parce que c’est un excellent masseur, certes, mais surtout parce c’est très différent du massage en spa, ou du massage amoureux. Dans le premier cas, le masseur ou la masseuse arrête ses mouvements au niveau des fesses, du sexe, et des seins. Marquant ainsi des « zones interdites », et offrant la sensation que le corps est quelque part « morcelé ». Alors que là, les mouvements englobent l’ensemble de celui-ci. Le sexe ou les seins sont comme la nuque ou les pieds : des zones certes sensibles, mais pas forcément plus « hot ». Dans le deuxième cas, celui du massage amoureux, il y a toujours une attente : quand est-ce que le ou la partenaire va s’aventurer plus loin, quand est-ce que les doigts vont caresser le sexe, quand est-ce que va venir l’excitation sexuelle, etc. Or dans ce massage tantrique, je n’attends rien : si Frédéric pose quelques secondes sa main à l’entrée sur mon sexe, tout en faisant de longs mouvements sur mon ventre de l’autre main, ce n’est pas pour me faire jouir. Il n’y a aucun désir entre nous. Mais il y a une énergie qui circule, et une sensation merveilleuse d’être un corps, global, vivant, et même puissant. Ah ! Voilà je parle d’énergie, de puissance, tout ça. Vous vous dites que j’ai vrillé. Pourtant il est difficile de trouver d’autres mots, pour exprimer ce moment de bien être total. Pour vous dire, pendant quelques secondes, alors que j’étais sur le dos, les jambes légèrement arquées et écartées, et que Frédéric faisait parcourir ses mains sur mes jambes et mes hanches, j’avais l’impression d’être une espèce de déesse de la féminité ! Haha. Cette phrase là, dans quelques années, ça fera un « dossier », mais j’assume.

A la fin de la séance, je me fais la réflexion que ce type de massage, réalisé bien sûr par quelqu’un de sérieux, doit être extrêmement bénéfique pour les femmes et les hommes qui n’aiment pas leur corps ou leur sexe, qui ont reçu une éducation culpabilisante vis à vis de ceux-ci, ou encore qui ont vécu des traumatismes sexuels. Car pendant ce massage, il y a un travail de conscience de son corps,  et de dialogue avec celui-ci. Et, ironiquement, c’est parce que le massage intègre les zones sexuelles qu’il donne envie de développer encore plus une sexualité qui ne soit pas focalisée sur les zones génitales. Il me donne aussi envie d’apprendre ces mouvements, d’acheter de l’huile à faire chauffer, d’offrir le même massage à mon mec, ou encore d’essayer en couple ces explorations sensuelles.  Si je ne vais pas acheter tous les livres qui parlent de « relation énergétique », je n’aurais plus, désormais, je le promets, grâce à Frédéric, de petit sourire sarcastique lorsque l’on me parlera de « massages tantriques ».

Le site : www.ayuneda.com

Camille Emmanuelle est auteur de Paris-couche-toi-là (approuvé par Dorcelle), et journaliste, sur la culture érotique, la culture porn, les sexualités, et le genre, notamment pour le Plus-Nouvel Obs et les Inrocks. Un « hater » sur Twitter l’a récemment traitée de « journalope », elle a adopté depuis ce joli néologisme. Chaque mois, pour Dorcelle, elle va nous parler de l’auto-érotisme. Quels sont les films, les objets, les choses, les expériences, qui font qu’en tant que femme on se sent sexuelle, sensuelle, vivante, et forte. Si ça excite son ou sa partenaire, c’est tant mieux, mais c’est un effet collatéral…

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